En France, des écoliers aussi sont pris dans le coup de filet anti-extrémistes

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“Les enfants ont dit ce qu’ils ont pensé’’, dit la mère d’Emira, Zulbiye Yildirim.

Mme Reveyaz, la référente laïcité, dit que “le professeur était choqué, ébranlé”, et ajoute que les propos pouvaient refléter “ce qu’entendaient les enfants dans leurs familles”.

Le lendemain, dit-elle, l’inquiétude du professeur a redoublé lorsqu’il a trouvé un courrier anonyme dont l’auteur reste inconnu. “T mort”, était-il écrit. Joint par The New York Times, le parquet de Chambéry a fait savoir que Pierre-Yves Michau, le procureur de la République, n’était pas disponible pour un entretien.

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Après la descente de police, pendant que les enfants étaient en retenue, la police a posé un certain nombre de questions à leurs parents: Que pensaient-ils des caricatures? Faisaient-ils la prière? Allaient-ils à la mosquée? Observaient-ils le ramadan? Les femmes étaient-elles contraintes par leurs maris de porter le voile?

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“Des questions bizarres”, selon Fatima Harid, la mère de Sohib, qui se demande en quoi des questions sur leurs pratiques religieuses étaient pertinentes. Un policier lui a dit que son fils, qui s’était décrit comme “musulman” au cours de l’interrogatoire, aurait plutôt dû se dire “Français musulman”, raconte-t-elle.

Mais depuis ces événements, les parents se demandent s’ils seront un jour considérés comme des Français.

Mme Yildirim, la mère d’Emira, explique qu’elle vit en France depuis l’âge de six ans et a été à l’école publique. Sa famille est “intégrée”, assure cette femme de 46 ans. Elle et son mari, un maçon, habitent Albertville depuis 19 ans et y ont une entreprise familiale dans le secteur du bâtiment. Elle prend part aux activités de l’école et se porte souvent volontaire pour les sorties scolaires. Le couple a même envoyé leur fille et leur fils aînés, âgés maintenant de plus de 20 ans, dans un lycée privé — une institution catholique — réputé pour la qualité de l’éducation dispensée.

“Je suis inquiète”, confie-t-elle en déposant Emira devant l’école élémentaire, un matin récemment. “J’ai dit à ma fille: tu parles de rien. Quand on te pose une question dans la classe, tu dis rien.”

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